Editorial

A travers mes chroniques acerbes, vous découvrirez la vie quasi-romanesque d'un lycéen ainsi que sa perception de l'Education nationale, de ses professeurs mais aussi de ses  « collègues ». Ce lycéen, un brin blasé et sarcastique, vous fera peut-être, avec humour, avoir une autre vision de la réalité scolaire…

 

Le lycée et le système éducatif

Mercredi 2 août 2006

En règle générale, les élèves n’aiment guère la cantine. Normal, la nourriture est moins bonne qu’à la maison et la restauration rapide « made in USA » n’est pas plaisante chaque jour. La cantine de mon lycée a tout de même une particularité : elle est située dans un préfabriqué. Inutile de rappeler que les préfabriqués sont provisoires, que souvent il y pleut à l’intérieur et qu'en hiver le froid est insoutenable. Bref, les lieux ne sont pas vraiment agréables.  

 

Normalement, cette situation ne devait durer que quatre mois mais vous connaissez les chantiers : les vacances approchaient et toujours rien. Pourtant, de grandes promesses avaient été faites : accès aux plateaux électroniques, meilleure qualité de la nourriture, etc. Le projet semblait intéressant même si les élèves le découvriront fini avec un an de retard, du moins je l’espère. Dans cette chronique, j’arrête de critiquer et je vous épargnerai donc les files d’attentes interminables, sous la pluie et à des températures inférieures à zéro. Je ne devais pas critiquer ? Zut ! (Notez que ce n’est pas moi qui ai commencé).  

 

Le conseiller principal d'éducation, appelé fréquemment « CPE » était, involontairement, amusant. La présence de cet homme devait empêcher les élèves de doubler dans la file, etc. Les lycéens se sont vite rendus compte qu’entre théorie et pratique, le fossé était immense. Il suffisait que n’importe quel quidam aperçoive un ami dans la queue pour qu’il le rejoignait, en doublant au passage une vingtaine de personnes. Cette question me vient à l’esprit : notre cher CPE était-il atteint de la cataracte ou d'autres troubles de la vue ? Je ne crois pas … J’avance ainsi l’hypothèse suivante : c'est la fatigue, causée par le nombre incommensurable d'heures de travail, qui est à l'origine du déboussolement de cet encadrant. 

 

Promis, je ne me perdrai plus en conjectures. Néanmoins, il serait intéressant de se lancer dans l'analyse des "cuisiniers". Je mets des guillemets étant donné que les élèves avaient, à juste titre, plutôt tendance à appeler ces individus des « réchauffeur de plats ». La formule est bien trouvée. Ces esthètes avaient l’habitude de se raconter des blagues volant à la hauteur d’un  Boeing 747 Nord Coréen après le passage des missiles états-unien. Certains d'entre eux auraient pu remporter le prix de l'excellence dans le domain de l'humour, comme le prouve cette histoire : « Qu’est ce qui est petit, rond et vert ? Un petit rond vert ». Amusant n’est-il pas ? Au lieu de se lancer dans une double carrière cuisto-humoriste, ils auraient dû prendre des cours de politesse. Les mots "bonjour" et "merci" ne figuraient apparemment pas dans leur vocabulaire.  

 

Pour compléter cette étape homérique, n'oublions pas de rendre hommage à la rude tâche des deux surveillants chargés de vérifier si nos plateaux ne contenaient pas plus de trois steaks ou dix yaourts. Toutefois, la plupart du temps, ils étaient occupés à commenter le dernier but de Trezeguet ou Henry, si bien que les derniers arrivants n’avaient plus rien à manger. Une fois le choix des aliments effectué, l’élève devait se lancer à la recherche d'une place, chose rendue difficile par la disposition des tables côtes à côtes ! Une fois le jambon poly-phosphaté avalé et les purées plastifiées digérées, le lycéen pouvait tranquillement retourner à ses cours avec en supplément cette envie de vomir offerte gracieusement par le self : ce petit truc en plus sans quoi le passage à la cantine paraîtrait bien monotone.

Par Anaxagore
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Mercredi 23 août 2006

Reprenant à ma façon une phrase de Coluche, je dirais que les profs vendent de l’intelligence alors qu’ils n’en ont même pas un échantillon sur eux ! Attention, je ne dis pas que c’est valable pour tous les professeurs. Heureusement d’ailleurs ! 

Prenons mon cas pour évoquer certains problèmes. En classe, je ne participais quasiment jamais. En effet, où est l’intérêt d’aider un professeur ennuyeux, sans conviction et pénible ? Il n’y en a pas. En revanche, un professeur qui fait bien son travail : avec passion, ambition, … (Il est quand même payé pour, pas nous) séduira plus facilement son public. Cela sera bénéfique à l’ensemble de la classe. 


Je me rappelle en classe de 3ème, j’avais eu une professeure d’histoire qui remplissait à merveille ses fonctions. Etrangement, ma note d’oral était de 18/20. Pour un élève si réservé à l’oral, plutôt contradictoire… Pour résumer, si un professeur fait son métier sérieusement et avec envie, il se verra récompensé et, par les élèves et, par les résultats qu’il en obtiendra. Evidemment, il ne faudra pas compter sur les élèves qui n’ont pas un minimum d’intelligence… 


Maintenant, un autre aspect négatif. Beaucoup d’enseignants se plaignent du fait d’avoir à travailler en dehors des heures de cours. D’abord, ce n’est pas notre problème (malheureusement pour eux mais heureusement pour nous). Ne sommes-nous pas à l’école pour apprendre ? Si, donc à eux de se demerder et d’assumer. Ensuite, ils travaillent 21 heures par semaines (un peu plus parfois selon la matière). Si l’on rajoute le temps passé à corriger les copies et quelques petites heures pour les réunions, cela fait un total qui ne dépasse pas les 30 heures par semaine. Sachant que la moyenne est de 35 heures pour tous les autres métiers, ils n’ont quand même pas de quoi se plaindre. Enfin, beaucoup de professeurs se permettent de défiler chaque mois dans les rues pour…bien sûr, le bien des élèves ! Qui peut y croire ? 


J’allais oublier : quel autre métier offre deux mois de grandes vacances (parfois 3) ? Et mince, le côté stressant ! Aviez-vous pensé à cela ? Que c’est difficile de s’occuper d’élèves que l’on peut exclure à tout moment parce qu’une de leur remarque ne nous a pas plu – coté pédagogie : 00/ 20 ! Que c’est difficile !


Juste pour rire, j’aimerais bien voir un enseignant faire le travail d’un infirmier pendant 1 mois. Je pense que le changement serait flagrant (au hasard : beaucoup plus d’heures de travail et de responsabilités importantes). En parlant de responsabilités, les professeurs disent qu’ils en ont de grandes : éduquer les jeunes, leur inculquer des méthodes de travail, … mais qu’est-ce qui les y obligent ? Moi, je constate seulement que la plupart font le minimum : des cours, des contrôles, des photocopies et des sanctions si ça ne va pas. On sait également qu’ils peuvent influencer certains jeunes : raison pour laquelle ils se doivent d’être neutres. Sachez bien qu’en vérité, beaucoup se servent des jeunes et les font adhérer à leurs points de vue. 


Autre point essentiel de la vie à l’école : les contrôles. Qu’est-ce que c’est ? Ce n’est qu’une énorme injustice qui n’est absolument pas représentative des qualités de chacun. En effet, accablé par des cours ennuyeux, lassants, un élève, même intelligent, peut très bien ne pas réussir un devoir qu’il aurait néanmoins réussi s’il avait eu un autre professeur. 
 

 

N’oublions pas les profs excessivement exigeants. Certains élèves finissent même pas ne plus lire les questions posées dans les contrôles. Et qu’y a-t-il de plus dégueulasse que de faire comprendre à un élève qu’il est nul parce qu’il accumule les mauvaises notes ? Aussi, c’est ainsi que la plupart des élèves voulant faire des efforts finiront découragés, dégoûtés et penseront qu’ils sont les plus nuls. Les élèves au Q.I supérieur à la normale arrivent même à se retrouver en situation d’échec scolaire. Et s’ils ne sont pas remarqués, leur futur sera beaucoup moins brillant que celui dont ils auraient pu bénéficier si le système scolaire fonctionnait normalement. Ne parlons pas des conséquences qui ont un impact direct sur la société : ces élèves qui auraient pu être ingénieurs, qui auraient pu apporter leur contribution à l’évolution du monde, etc. ne seront que de simples ouvriers (je tiens à préciser que ce n’est pas une honte de gagner le SMIC). C’est bien là un exemple flagrant de l’imbécillité que sont ces contrôles de connaissances qui sont censés distinguer l’élite des élèves normaux, moyens et nuls. 

L’ambiance des écoles, la pression due aux études, aux contrôles, à l’organisation, … peuvent aussi être à l’origine de nombreux problèmes pour certains. Prises régulières de somnifères, d’anti-dépresseurs, etc. dont la conséquence ne sera que la destruction de leur santé. 
 

 

Pour conclure sur une note positive, je reconnais qu’à l’école, nous pouvons apprendre quelques bases ou théorèmes (qui ne nous serviront jamais même si l’on fait un bon voire un très bon métier). En clair, si l’on veut apprendre efficacement, découvrir des choses, ne pas être influencé, avoir ses propres opinions, une seule solution : être autodidacte. Même sans les diplômes (ce sur quoi nous sommes injustement jugés), les connaissances dont on disposera (le plus important en réalité) nous permettront de nous en sortir et ce sera bien évidemment, une satisfaction personnelle. 

Par Anaxagore
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