Editorial

A travers mes chroniques acerbes, vous découvrirez la vie quasi-romanesque d'un lycéen ainsi que sa perception de l'Education nationale, de ses professeurs mais aussi de ses  « collègues ». Ce lycéen, un brin blasé et sarcastique, vous fera peut-être, avec humour, avoir une autre vision de la réalité scolaire…

 

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Vendredi 18 août 2006

Mes seigneurs, vous allez avoir le privilège de lire mon premier écrit n’ayant aucun lien avec la sphère scolaire. Ce texte prosaïque décrit un univers exclusivement économique et financier. Vous remarquerez que j’ai essayé d’établir un parallèle avec le monde religieux…   

 

Dans mon univers économique et financier,  

Le New York Stock Exchange est la religion et le DOW Jones est son archange.  

Dans mon univers économique et financier,  

Wall Street est mon Eglise et Warren Buffet en est le dieu.  

Dans mon univers économique et financier,  

Bill Gates est notre pape et les courtiers en bourse les théologiens. 

Dans mon univers économique et financier,  

Le Wall Street journal est ma bible et Forbes le Nouveau Testament.  

Dans mon univers économique et financier,  

Le capital est notre trésor, le libéralisme un miracle  

Et les mots "finance", "bourse" et "économie" sont sacrés. 

 

 

 

Par Anaxagore - Publié dans : Divers
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Mercredi 9 août 2006

Dans cette chronique, je vais vous parler d’un de mes amis : Jeanjean du Toit. Lycéen pro-révolutionnaire, Jeanjean est assez intelligent, passionné d’informatique et de politique, seulement voilà, une thérapie psychologique lui serait très utile…   

 

Ce Besancenot en herbe se démarquait de son idole, le facteur pédaleur, dans le sens où il était anarcho-communiste à tendance terroriste. A tout juste 16 ans, il se prenait pour le nouveau Lider Maximo en imitant dans une vidéo, affublé d'un slip sur la tête, un terroriste négociant des meilleures conditions de vie à l'encontre de ses concitoyens. Le seul hic était qu'en voulant réaliser son utopie de toujours et libérer son peuple, Jeanjean avait, dans sa vidéo délirante, pris en otage une partie de ses propres frères. Super logique !    

 

Cet auto-proclamé génie avait aussi découvert une égalité mathématique révolutionnaire. Il avait prouvé, sûrement grâce au net, que 0.999... = 1. Mais pas de chance, les scientifiques présocratiques l'avaient pris de vitesse si bien, qu'aujourd'hui, cette notion est apprise aux lycéens au cours de leur première année.  

 

Cet affabulateur et fabulateur de grand talent avait une imagination débordante. Il était capable de disserter sur James Bond lors d’un cours de Français. Il pouvait créer d'innombrables sites Web révolutionnaires mais aussi prendre ses amis pour des cons. Il racontait, par exemple, qu'il avait piraté la CIA via une cabine téléphonique, que le président états-unien et les US Marshall le traquaient, que la tempête de 1999 en France était due à la poudre d'argent capable de dérégler le climat, etc.    

 

Ces théories et citations n'étaient pas mal non plus, voyez plutôt : « Le Futur influence de passé », « 1 + 1 = 3 car l'union des talents est supérieur à leur simple addition » (plagiat de Van Damme). Il avait également inventé le « capi-munisme » - système monétaire appriori parfait.    

 

Je crois que le pire était, qu'apparemment, ce psychotique croyait vraiment en ses propos tel Jésus sur la croix et autres fanatiques. Il osait même exposer ces théories sur le net ou à ses profs qui n'hésitaient pas à se moquer, ouvertement, de lui. Cependant, rien ne le décourageait, sa devise était même « ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison ». Moi, je pense que la citation de Desproges lui aurait aussi convenu « c’est pas parce que je suis parano qu’ils ne sont pas tous contre moi ».    

 

Bref, ce trublion révolutionnaire se voyait déjà président de la république, P-DG (étrange pour un communiste, non ?), leader de la guérilla révolutionnaire ou encore icône de la révolte mondiale. Puis, comme il le déclarait lui-même froidement : « je serais ministre de l'économie si je ne réussis pas ma vie ». Evidemment, un tel génie devait attirer la convoitise des plus grandes universités. Au départ, il devait aller au lycée auto-géré de Paris, un lycée correspondant tant à ses attentes qu'à ses idéaux. Puis, après avoir emprunté une vulgaire feuille d'inscription à Polytechnique, il nous fit croire que cette grande école le voulait absolument : payant ses études, le directeur le recevant (avec les honneurs) dans son bureau, etc.    

 

Cet énergumène aux idéaux subversifs avait un égo démesuré. De plus, il n'était guère tolérant et pacifique : la révolution l'obsédait. Et puis, il devenait fou et un brin dangereux – pas au point d’être surveillé par les R.G. comme il essaya de nous faire croire. Je dis qu’il commençait à être inquiétant et dangereux vu qu’il participait à diverses manifestations et qu’il était membre de syndicats lycéens. Mais, le pire est qu’il a réussi à faire … un adepte.    

 

Enfin, niveau vie amoureuse, ce quasimodo se prenait pour le nouveau Casanova. A ses dires, il multipliait les conquêtes : toujours plus nombreuses, toujours plus belles. A un âge encore pubertaire, il avait expérimenté bon nombre de positions sexuelles. Bizarre, je n’ai jamais vu, ni même aperçu Jeanjean avec une fille… Le libertaire déclaré aurait-il encore menti ?

Par Anaxagore - Publié dans : Les collégiens et les lycéens
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Mercredi 9 août 2006

Je me rappelle d’un certain Henri Chamignon, un vrai cauchemar. D'après les profs, il était numéro un des élèves les plus turbulents depuis quarante ans si bien que chaque vendredi vers 15h00, le CPE l’attendait dans son bureau. Au début, les punitions d’Henri étaient exemplaires et à la mesure de ses actes. Puis, notre CPE à bout de force et désabusé ne réagissait plus, il préférait en rire : « Henri, je t’attendais plus tôt aujourd’hui… » En clair, le CPE se contentait d’héberger ce trublion dans son bureau.  

 

Pour vous donner une idée précise d’Henri, je vais vous énumérer brièvement ses pires conneries :    

 

§          Sauter sur le bureau du prof, en prenant sa règle, pour imiter Anakin Skywalker dans Star Wars.  

 

 

§          Lire un magazine porno en cours et répondre au prof l’ayant surpris : « ça vous excite, hein ? »  

 

 

§          Jouer au militaire en rampant sous les tables de classe  

 

 

§          Clouer, au sens figuré, un prof au tableau après l’avoir menacé et insulté  

 

 

§          Brûler son rendez-vous chez le principal à l’aide d’un briquet et d’une bombe de déodorant   

 

Aujourd’hui, Henri se trouve en école militaire mais sa mémoire est encore présente au collège André Malraux. Les élèves les plus téméraires, après avoir écouté le récit des aventures d’Henri, lancent aux professeurs ces quelques mots : « Vous avez le bonjour d’Henri Chamignon ».  

 

Après Henri : Gérard.    

 

Gérard était aussi un élève unique, dans le sens où à l’aube de son dix neuvième anniversaire, il se trouvait toujours au collège. Je crois que ma journée passée avec lui, pendant l’épreuve de l’ASSR, a été un moment particulièrement comique. Un policier était venu nous apprendre à conduire une mobylette, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’Henri lui apprit qu’il avait déjà le permis voiture. Mais, là n’est pas le plus intense : pris par un coup de folie, l’éternel redoublant décida de s’enfuir avec la motocyclette de la police. Résultat : un séjour au poste et six mois de renvoi. Depuis ce jour, le collège André Malraux a installé des barrières de sécurité sur le parcours des deux roues.    

 

Cette histoire ne servit pas de leçon à notre ignard préféré. En effet, quelques mois après ces péripéties tragi-comiques, Gérard vola la play-station du collège. Il avait demandé la clef des toilettes à une surveillante mais vu que les clefs étaient toutes identiques, ce voleur en herbe fit un détour par le bâtiment renfermant la console vidéo. Cependant, Gérard a commis une erreur. Laquelle ? Il a tout simplement oublié de voler les manettes si bien qu’il décida, quelques jours plus tard, de rapporter la play-station. Cette bêtise lui valut le renvoi définitif. Aux dernières nouvelles, il s’est fait exclure de nombreux autres collèges ou lycées pour, par exemple, avoir jonglé avec des oeufs, apporté de la farine et de la mousse à raser, avoir renversé une poubelle dans le bureau d'un proviseur, etc.   

 

Gérard avait des amis très proches de son caractère. Jean-Michel le Bras en était un. Cet individu au nom prêtant à rire n’hésitait pas à répondre aux profs. Il demanda notamment au prof d’histoire de changer de femme, le salaire du prof de maths, etc. Au prof de techno qui lui avait dit qu’il avait « trois ans d’âge mental », il rétorqua « de plus que vous ». Il se permettait aussi quelques blagues, s’adressant au prof d’histoire un peu gros, il lui dit : « comment faites vous pour mettre votre cravate ? Vous avez un miroir au plafond ? »    

 

Mais, Jean-Michel était une star des journaux régionaux. Il était connu, dans la ville, comme celui qui avait caché de la drogue dans les plafonds du lycée ou encore comme l’organisateur d’une orgie dans le parc municipal où les policiers avaient fait une descente et trouvé de la drogue et des gens en train de se baiser. 

Par Anaxagore - Publié dans : Les collégiens et les lycéens
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