Editorial

A travers mes chroniques acerbes, vous découvrirez la vie quasi-romanesque d'un lycéen ainsi que sa perception de l'Education nationale, de ses professeurs mais aussi de ses  « collègues ». Ce lycéen, un brin blasé et sarcastique, vous fera peut-être, avec humour, avoir une autre vision de la réalité scolaire…

 

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Mercredi 2 août 2006

Mme Heather James était une de ces profs en parfaite harmonie avec ses élèves. Je veux dire par là que, d’habitude en cours, seuls les élèves s’emmerdent. Cette femme à l’apathie communicative était très divertissante, du moins après cours.  

 

Contrairement à beaucoup d’enseignants, l’intelligence ne lui faisait pas défaut, loin de là. Elle était un de ces purs produit formatés et multi-diplômés sortant de je ne sais quelle grande école. Le problème était que niveau pédagogie, ce n’était pas vraiment ça. Vous devez penser que ses cours étaient désordonnés et bien souvent bruyants. Eh bien, paradoxalement, non. Au moindre bruit cet être sortait de sa léthargie pour régner, l'espace d'un instant, en autocrate sur sa classe. Parfois, un stylo tombé pouvait déclencher une crise. C’était incroyable de voir cette femme d’un mètre cinquante dispenser son discours culpabilisateur.  

 

A l’instar de ses collègues, elle avait un côté moralisateur très développé. Le politiquement correct était de mise, si bien qu'il lui arrivait de tomber dans l’outrance et la caricature. Pour elle, les juifs n’existaient pas, le mot lui-même était un blasphème : « Non, non et non, il n’y a plus d’origine, plus de communautés ni de racines ». La brève correction des contrôles était un des moments les plus marquants. Déjà, la correction qui tenait en dix lignes, prenait une heure. Là, cette chère dame nous expliquait que dans notre copie, un auteur avait pris possession de notre esprit, nous avait manipulé, etc. tout ça parce que le lycéen avait utilisé les documents à sa disposition.  

 

Ne parlons pas non plus des notes, preuve formelle de notation arbitraire : ni commentaire, ni barème, juste une note. Il n'était pas rare de voir un élève passer de 05/20 à un contrôle à 19/20 au contrôle suivant. La logique n’avait pas sa place. J’ai également le souvenir d’avoir regardé quelques documentaires avec cette prof. Le peu que j'ai réussi à apercevoir, c'est-à-dire, les moments pendant lesquels elle n'était pas devant l'écran de la télé, était en allemand et sous-titré en mandarin. Je ne vous dis pas le plaisir que ça pouvait procurer, surtout quand on sait que le visionnage était sanctionné par une question qui nous invitait à deviner, à partir d'une ombre, l'identité d'un homme, en l’occurrence, l'abruti-dictateur, Staline.  

 

Le pire moment était la relecture du cours : nous nous apercevions que le contenu qui abordait de nouvelles notions, des anecdotes historiques, etc. était vraiment passionnant... Seul hic : pouvoir relire un cours écrit précipitamment et n’importe comment. Je conclurais en disant que si cette femme aimait critiquer, ses élèves et collègues ne s’en sont pas privés à son sujet …

Par Anaxagore - Publié dans : Les profs et l'encadrement
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Mardi 1 août 2006

Chers lecteurs, dans cette chronique, je vais généraliser. Cependant, sachez que ma description pamphlétaire s’applique au moins à 80 % des jeunes collégiens ou lycéens. Et puis, par charité, je vous épargnerai la doxa populo-réactionnaire …  

 

Les jeunes, sorte d’animaux proches de l'homme, ont un incroyable manque de culture. Le carcan éducatif n'est pas une excuse pour ne pas connaître et apprécier André Malraux, André Gide ou Friedrich Nietzsche. Vous voyez, je ne demande pas non plus que ces êtres ingrats sachent que Plotin est l’un des fondateurs de la pensée néoplatonicienne ni qu’ils puissent me citer un nom de philosophe présocratique mais juste qu’ils aient des bases.  

 

Le rap, sorte de brouhaha dont les jeunes raffolent, est un élément essentiel de leur panoplie. Cette pseudo musique d'une grande vulgarité est apparemment la marque de leur anticonformisme. Mais alors, pourquoi sont ils tous identiques ?  

 

Ce qui me fait le plus rire, c'est sans doute leurs habits. Vous savez, les pantalons neufs tout de suite déchirés pour produire un soi-disant effet de mode… Encore, s’ils s’appelaient tous Armani ou Versace, pourquoi pas. Le must, ce sont les pantalons où, comme dirait un ami, vingt kilos de pommes de terres peuvent tenir. La mode m'a toujours profondément énervé. Puis, comme disait je ne sais plus quel quidam, "rien ne se démode plus vite que la mode".  

 

Les jeunes et leur goût pour la subversion... . Il faut tous qu'ils se rebellent contre père et mère qui leur offrent Playstation stupide ou CD’s qu’ils aiment tant écouter.  

 

Le plus ridicule avec leurs idoles appelées Eminem ou 50 cents est que beaucoup de jeunes ne comprennent pas les paroles des chansons. Après réflexion, je crois que s’ils peuvent éviter ce lot de haine verbale, ce n'est pas plus mal. Ils ne font pas la différence entre le monde réel et celui de leur console vidéo. Ne nous étonnons pas de voir paraître des meurtres dignes de slasher movie dans les rubriques nécrologiques de nos divers journaux provinciaux.  

 

J'oubliais les inénarrables expressions et termes à l'envers ou verlan comme disent nos jeunes, d'jeuns, pardon ; telle "je kiffe", "c'te meuf", etc. Quel horrible langage qui pourrait , en une seule phrase, provoquer une crise cardiaque chez l'honorable Maurice Druon. Vous le trouvez réactionnaire, conservateur, etc. ? Moi, aussi et c'est ce qui me plaît chez lui. Puis, n'oubliez pas qu'il est l'auteur du Chant des partisans avec tonton Kessel. Et puis, c'est ma chronique, ne me faites pas chier !  

 

Bref, revenons à nos barbarismes.  

 

Le plus frappant avec le mot « meuf », c'est que beaucoup de femmes l'utilisent alors qu’il a un sens péjoratif, vulgaire et non respectueux à l'encontre de la gente féminine. L'emploi du terme est-il juste une preuve de phallocratie des jeunes mâles virils des cités au phallus en pleine extension ? Vous savez, ce membre viril dont ils narrent les coups de boutoir entre amis. Au fait, j’ai dit phallocratie, pardon aux près des jeunes, le mot misogynie est plus opportun pour leur compréhension.  

 

Il y a aussi les méfaits du Net sur les jeunes : violences, haines et surtout les skyblogs. Cette maudite plateforme est une des choses qui m'exaspère le plus lorsque je surfe. Je vous invite d'ailleurs à lire mon réquisitoire sur ces diaboliques créations de l’adolescent

Par Anaxagore - Publié dans : Les collégiens et les lycéens
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Mardi 1 août 2006

Pour cette chronique, mettons de côté les adolescents gavés de rap, totalement irrécupérables et intéressons-nous de plus près aux fils de nantis du lycée. Ces Bourgeois-Bohêmes ou Oedipiens, c’est pareil, m’amusent profondément. La lecture de leurs divers skyblogs nous permet d’ébaucher une analyse ontologique.     

 

Beaucoup de ces jeunes blasés touchent très tôt à l’alcool et la drogue lors d’orgies monumentales appelées « chouilles ». Ces soirées de perversion entre amis libertaires sont censées être de vrais moments de bonheur, comme on dit. Réveil douloureux ! Et puis, sortez couvert car entre rapports plus au moins consentis (LSD oblige) et enculades, vous n’êtes pas à l’abri.    

 

Le principe des « chouilles » se résume à :  

-planter illégalement des toiles de tantes dans un champ, qu’on transformera en décharge  

-s’amuser en embrassant un peu tout le monde (jeu dit de « la bouteille ») 

-essayer d’avoir, dans l'organisme, plus d’alcool que de sang    

 

Enfin vient  l’heure de dormir. Je veux dire que, dès lors, les jeunes s’adonnent soit aux plaisirs charnels où passent une nuit blanche à se remémorer maintes exploits : nouvelle figure de skate-board, etc.   

 

De futurs artistes ! Pourquoi me direz vous ? Mais, comme chacun le sait, les vrais artistes sont ceux qui marchent dans la forêt et trouvent l’inspiration en regardant les écureuils s’enfiler. Plus sérieusement, l’humeur atrabilaire et le grain de folie de ces jeunes gens sont sans doute à l’origine de leur intérêt pour l’art.    

 

Les prolétaires, ou gens ordinaires et raisonnables que nous sommes, trouvons les pratiques susdécrites cyniques, à vomir. Apparemment, pour ces jeunes paumés, ceci n’est qu’un moyen d’exprimer leur frustration face la médiocrité de l’existence. Le nihilisme, vous connaissez ?    

 

Les vêtements et le look de ces jeunes gens sont également bien particulier : costume-jean, écharpe façon Guitry et cheveux mi-long. Un style, plus intéressant que celui des rappeurs, qui est toutefois assez énervant vu qu’il met en relief la soif de différence et la léthargie des bobos.    

 

Notons quand même leur côté comique, avec leurs pseudo meilleurs amis (qui changent chaque mois) ; leurs gags, d’une grande trivialité, qui, il faut bien le dire, font tout de même sourire parfois. Et puis, ils sont insouciants, ne se prennent pas la tête … c’est ça la jeunesse !    

 

N.B. : Vous trouvez cet article exagéré ? Visitez donc ce skyblog : http://pnoli.skyblog.com  et si vous aimez la médiocrité, lisez 

Par Anaxagore - Publié dans : Les collégiens et les lycéens
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